Une douleur derrière l’épaule, un point sensible près de l’omoplate, une gêne qui revient malgré les massages… Vous pensez naturellement à un muscle contracté ou à un problème d’épaule.
Pourtant, certaines douleurs ressenties dans cette région peuvent provenir du cou. C’est pourquoi votre kinésithérapeute peut examiner vos cervicales, même lorsque vous venez consulter pour l’épaule.
Cela ne signifie pas que toute douleur autour de l’omoplate est cervicale. L’objectif du bilan est précisément de comprendre ce qui participe à vos symptômes.
Pourquoi peut-on avoir mal à l’épaule alors que le problème se situe dans le cou ?
La localisation d’une douleur ne correspond pas toujours exactement à son origine.
Certaines structures cervicales peuvent provoquer une douleur ressentie à distance, notamment vers l’épaule ou l’omoplate. On parle de douleur projetée : le système nerveux peut faire percevoir la douleur dans une région différente de celle qui l’a déclenchée.
Les douleurs cervicales et celles de l’épaule peuvent ainsi se ressembler, voire coexister. Une revue systématique consacrée à cette question souligne l’importance de l’examen clinique pour les différencier. Revue scientifique — Liens entre pathologies cervicales et douleurs d’épaule.
Une irritation nerveuse peut aussi être en cause
Les nerfs qui participent à la sensibilité et aux mouvements du bras prennent naissance au niveau du cou.
Lorsqu’une racine nerveuse cervicale est irritée, la douleur peut être ressentie près de l’omoplate, puis parfois descendre dans le bras ou jusqu’aux doigts. Des fourmillements, une diminution de la sensibilité ou une faiblesse peuvent également apparaître.
Une atteinte de cette racine nerveuse peut correspondre à une radiculopathie cervicale. Mais une douleur projetée depuis le cou n’implique pas systématiquement une atteinte nerveuse. NHS — Radiculopathie cervicale.
Quels indices peuvent orienter vers les cervicales ?
Certains éléments méritent d’être signalés au professionnel qui vous examine :
- la douleur derrière l’épaule change lorsque vous tournez ou inclinez la tête ;
- une gêne cervicale accompagne les symptômes ;
- la douleur se prolonge dans le bras ;
- vous ressentez des fourmillements ou un engourdissement ;
- vous constatez une diminution de force.
Ces signes peuvent orienter le bilan, mais aucun ne permet, à lui seul, de poser un diagnostic. La douleur peut aussi être ressentie surtout autour de l’épaule, sans douleur cervicale marquée. NHS Scotland — Douleurs liées aux racines nerveuses cervicales.
Pourquoi ne pas simplement masser le point douloureux ?
Un massage peut apporter du confort. Cependant, sa réponse ne suffit pas à identifier l’origine du problème.
Si la douleur provient en partie des cervicales, il peut être utile d’intégrer le cou à la prise en charge. À l’inverse, une douleur derrière l’épaule peut aussi être liée à des structures locales : examiner uniquement les cervicales risquerait alors de laisser de côté une partie du problème.
Le bilan doit donc tenir compte de l’épaule, du cou et, si nécessaire, du fonctionnement des nerfs du bras. La présence d’un point sensible près de l’omoplate ne prouve pas qu’un muscle est la seule cause de la douleur. Revue scientifique sur les douleurs cervicales et d’épaule.
Comment le kinésithérapeute fait-il la différence ?
Il commence par vous demander quand la douleur apparaît, comment elle évolue et quels gestes la modifient. Il peut ensuite comparer les mouvements du cou et de l’épaule, examiner la force et rechercher d’éventuelles modifications de la sensibilité ou des réflexes.
Une radiographie ou une IRM n’est pas systématiquement nécessaire. Lorsqu’une imagerie est indiquée, ses résultats doivent être interprétés avec l’examen : certaines modifications des disques ou des articulations existent aussi chez des personnes sans douleur. NHS — Évaluation d’une radiculopathie cervicale.
Quelle prise en charge peut être proposée ?
Le traitement dépend des constatations du bilan. Il peut associer des explications, une adaptation temporaire des activités et des exercices progressifs pour le cou, l’épaule ou le bras. Des techniques manuelles peuvent être proposées en complément lorsqu’elles sont pertinentes.
Le programme doit rester adapté à votre situation. Il n’existe pas un étirement cervical ou un exercice unique qui conviendrait à toutes les douleurs derrière l’épaule. NHS — Prise en charge en kinésithérapie.
Au quotidien, repérez les activités qui aggravent les symptômes et essayez de les fractionner. Signalez au professionnel toute augmentation persistante de la douleur, des fourmillements ou d’une faiblesse, afin d’ajuster la prise en charge.
Quand demander rapidement un avis médical ?
Une faiblesse nouvelle ou qui progresse, une maladresse inhabituelle des mains, des difficultés à marcher ou des troubles récents du contrôle urinaire ou intestinal nécessitent un avis médical urgent. Une douleur accompagnée de fièvre ou survenue après un traumatisme important doit également être évaluée rapidement. NHS — Signes nécessitant une évaluation.
Si la douleur d’épaule s’accompagne d’une douleur thoracique, d’un essoufflement, de sueurs ou d’un malaise, appelez le 112 : ne l’attribuez pas automatiquement aux cervicales. NHS — Douleur thoracique.
Votre douleur derrière l’épaule persiste ou revient régulièrement ?
Un bilan peut aider à déterminer si votre épaule, vos cervicales ou plusieurs structures participent à vos symptômes, puis à construire une prise en charge adaptée à vos activités et à vos objectifs.


